La malédiction ultra-libérale

Tout le monde a entendu parler de la malédiction des pharaons qui n'était qu'une légende. La malédiction ultra-libérale est une réalité qui est en train de tuer bien plus d'êtres humains que les quelques savants qui ont inhalé des spores de champignons microscopiques très toxiques, en pénétrant dans des tombes Egyptiennes. Le microcosme industrialo-financier qui est en train de soumettre tous les peuples du monde, est bien plus toxique. Les importations de vêtements fabriqués dans des pays « émergents », par de véritables esclaves, pour le plus grand bonheur de leurs patrons et des imports-exports, en sont une illustration renversante. Le proverbe « déshabiller Paul pour habiller Pierre » n'a plus aucun sens. Il s'agit de « déshabiller Paul, pour aller exploiter Pierre ». En développant cette formule, cela donne « priver Paul de travail, pour aller le donner à Pierre, en l'exploitant jusqu'à la corde, tout en faisant acheter à Paul, des habits importés qu'il ne peut se payer que grâce à ses indemnités-chômage ». Chacun sait que la France fait partie de ces pays qui ont vu leur industrie du textile et de la confection délocalisée presque à 100%, au point que si les importations de vêtements cessaient, beaucoup de gens ne sauraient pas comment s'habiller. La preuve : la France (ou l'UE) a autorisé le déblocage des stocks de textiles importés de Chine, malgré le dépassement des quotas. Un autre problème majeur est que ces importations alourdissent le déficit déjà abyssal de la balance du commerce extérieur, tandis que le gouvernement est obligé de prélever des sommes exorbitantes sur tout ce qu'il peut, pour donner des minima « sociaux » aux Français privés d'emploi, par ce véritable hold-up. Comme cela ne suffit pas, l'Etat s'endette tous les jours, un peu plus. Pour l'instant, les citoyens ne se rendent pas compte que le « pas cher » tout relatif des textiles importés et de bien d'autres importations leur coûte en réalité, les yeux de la tête et va provoquer tôt ou tard la banqueroute de l'Etat. Les minima sociaux seront alors divisés par deux, les fonctionnaires devront accepter des salaires fortement minorés et les retraites (dont beaucoup sont assurées directement par l'Etat) subiront également de fortes baisses. La Sécurité Sociale ne remboursera plus grand-chose et une grande partie de la population vivra dans la misère. Cette descente aux enfers ne concerne pas seulement la France, mais la plupart des vieux pays industrialisés.

Une autre conséquence terrible de la suppression de toutes les barrières douanières (et donc des limites assignées à la cupidité), est la mise en esclavage de centaines de millions de gens, à l'autre bout du monde. Reprenons le cas de la Chine. De nombreux reportages nous ont montré la véritable maltraitance que subissent les ouvrières et les ouvriers dans ce pays : des cadences infernales, des horaires allant jusqu'à 16 h par jour, des salaires qui ne méritent même pas ce nom et un jour de repos par ci, par là. La plupart des ces forçats repartent chez eux, malades avec un pourboire en guise de cagnotte. Certains ne repartent pas, car ils meurent au travail ou se suicident. Les patrons s'en fichent complètement, car il y a aux portes des usines, des armées de miséreux prêts à les remplacer. Voilà pourquoi les gens ne se révoltent pas. Ils ont l'espoir de trouver du travail. Et voilà pourquoi nous sommes complices du maintien d'un des régimes les plus odieux au monde, en important massivement ses produits.

La mondialisation ultra-libérale est bien synonyme de malédiction. Elle provoque de la misère et du malheur au deux bouts de la chaîne (c'est le cas de le dire), tandis que des trusts industrialo-financiers et des imports-exports édifient des fortunes scandaleuses. La société est retombée plus bas qu'au début de l'ère industrielle. Cette dérive n'a été possible que par un lavage de cerveau qui a atteint nos « élites » en premier lieu et une grande partie de la population. Mais ce n'est pas tout. Cette furie thésaurisatrice met la planète en péril, sur le plan écologique. Alors, on laisse faire ses atrocités ou on se tourne vers les solutions humanistes et pacifiques qui nous tendent les bras ? De toutes façons, si on laisse faire, on va vers d'autres atrocités. La misère est une atrocité. En Chine, les sans-abri sont des dizaines de millions. En Europe, on y vient. Un jour, les populations se révolteront et massacreront les auteurs de leur malheur. Nos dirigeants ne l'ont pas encore compris. En outre, il faudrait qu'ils se rappellent que la guerre économique a souvent débouché sur des conflits armés.

Evrard Michel. Ecologiste de choc.